Festival Aragne 2025
Le festival Aragne, premier événement porté par l'association L'Âtre, se positionne comme un espace tremplin, un lieu de visibilisation dédié aux artistes émergent·es de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en marge du parcours institutionnel et des centres culturels traditionnels.
Niché dans le château Bouchet et son vaste parc au sein de la commune de Fareins (01), le festival rassembla pendant les Journées du Patrimoine 2025, du 19 au 21 septembre, une quarantaine d'artistes plastiques et musicaux à travers une grande exposition et plusieurs concerts.
Au total, c'est plus de 600 visiteur·ices qui ont pu profité de ce coup d'œil inclusif sur la création locale, passant d'une scène rock énergique à un concert d'ambiant plus contemplatif, explorant une installation immersive déroutante ou bien se promenant au milieu des cadres au mur plus conventionnels.
Pour les plus curieux·ses, des tables rondes sur l'actualité du statut d'artiste émergent·e et sur la décentralisation culturelle eurent lieu le dimanche, et pour les plus créatif·ves, nous animâmes avec l'aide de certain·es artistes un atelier d'initiation à la linogravure qui a su ravir les publics les plus diversifiés.
Affiche du festival Aragne 2025. © Salomé Costa/tacosducosmos
Linogravures réalisées pendant le festival.
© Lau Chanal
Linogravures réalisées pendant le festival.
Linogravures réalisées pendant le festival.
Exposition
L'exposition du festival Aragne, répartie sur 2 étages, rassembla 31 artistes, comprenant les artistes sélectionné·es émergent·es de la région AURA et les invité·es d'honneur qui ont collaboré avec l'association pour mener à bien l'organisation du festival, en l'occurrence les marraines de l'évènement, Alexia Pouget-Néron et Jacqueline Salmon, ainsi que les photographes Ruben Garberi et Rémy Mathieu.
Le thème exploré était le rapport à l'expographie, ou comment composer entre création personnelle, héritage culturel et contraintes techniques, à l'instar de la lumière naturelle.
Les œuvres exposées ont répondu à la thématique en explorant une pluralité de format, de l'ébénisterie au crochet, de la sculpture au travail du textile, de la photographie à l'illustration.
La scénographie élaborée permit des associations entre les productions artistiques, soit sur le plan purement plastique, soit par les imaginaires ou pratiques qu'elles convoquaient.
Ainsi, le lien et le réseau, motifs mis à l'honneur par le festival, ont irradié tout le dispositif expographique de sa conception à sa mise en place.
Chacun·e des exposant·es put ainsi collaborer avec ses voisin·es et développer la toile de ses inspirations, enrichie de liens professionnels et artistiques.
Concerts
Les concerts qui prirent place dans le jardin du château sonnèrent de manière aussi éclectique que l'exposition.
Lily Anger
Sur une scène imposante, le groupe de rock alternatif lyonnais Lily Anger enchanta le public avec ses vibrations chill héritées des Sticky Fingers ou de Royal Otis.
Bien que ce fut la première fois que le groupe occupait un espace si imposant, les musicien·nes comme le chanteur témoignèrent d'une aisance impressionnante.
Joss et sa personnalité musicale aux accents d'indie rock australiens tient la guitare rythmique, et se fait l'élément symbiotique du groupe.
Noémie à la guitare principale fascine la foule par ses riffs intenses. Aurélien, à la basse, est la bête de scène qui déplace les regards, en phase avec ses inspirations punk et hardcore.
Mathéo enfin, à la batterie, incarne la force calme du groupe, offrant une structure à chacun·e de ses comparses.
Arman et Melvil
Plus tard dans la nuit, c'est le duo aux influences de dub Arman et Melvil qui ont pris place dans le jardin du château, au sein d'un set intimiste.
Assis par terre derrière leurs platines, face à des souches d'arbres qu'ils avaient disposées et où s'était installé le public, c'est dans une atmosphère apaisante et ressourçante qu'ils ont envoûté les masses.
Les rythmes lents, couplés à l'héritage électro d'Arman et la sensibilité expérimentale de Melvil, plongent chaque auditeur·ice dans ce moment hors du temps.
Tables Rondes
Le dimanche après-midi, le ton du festival se fit plus sérieux afin d'aborder dans un cadre professionnel des thématiques dont l'impact sur les débuts de carrière des jeunes artistes se fait prégnant.
La notion d'artiste émergent·e avec ses implications légales, administratives, économiques et sensibles ainsi que les pistes de réflexion à investir collectivement ou individuellement ont occupé la première intervention, animée par Lucile Granier, organisatrice, Rémy Mathieu, artiste professionnel invité, et les artistes émergent·es Luna Martin Perez, Marceau Coiffard et Emilie-Jade Laguillez-Jankovski.
Dans un second temps, la question de la décentralisation culturelle fut discutée par Lucile Granier, organisatrice, et les artistes émergent·es Marceau Coiffard, Liam Doutre, Emilie-Jade Laguillez-Jankovski et Luna Martin Pérez.
À travers un point historique sur sa mise en place et son état de développement actuel, les possibilités, sensibles, économiques, individuelles ou institutionnelles qu'elle offre à la création émergente furent mises en regard du retour d'expérience du festival Aragne.
Prix du Jury
Lors de la sélection des participant·es à l'exposition d'Aragne, le collectif de L'Âtre fût assisté par un jury composé de professionnel·les issu·es du milieu culturel local.
Nous adressons nos remerciements particuliers à cell·eux-ci :
Yves Dumoulin, maire de Fareins
Jacques Fabry, amateur d'art et président de l'association ArtFareins
Jacqueline Salmon, photographe de renom et marraine de l'évènement
Alexia Pouget-Néron, artiste-autrice et enseignante à la SEPR, seconde marraine du festival
Gilles Maignaud, directeur de l'atelier de sérigraphie Chalopin à Lyon
Sara Belotti Saroli, artothécaire au musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône
Corinne Vaucourt, cheffe de projet « Pays d'Art et d'Histoire » au sein de la communauté de communes Dombes Saône Vallée
Vincent Courtois, artiste plasticien lyonnais
Joseph Belletante, directeur du musée de l'Imprimerie et de la communication graphique de Lyon
Marceau Coiffard
Ensemble, nous eûmes l'honneur de remettre à Marceau Coiffard, photographe émergent·e, le prix du jury de cette première édition.
Son installation, issue de l'hybridation de ses séries photographiques « GABY » et « PAGE MÉMOIRE », explore les tentatives de l'artiste de reconstruire le lien entre mémoire collective et individuelle par son expérience intime du deuil.
En proposant l'intrusion dans le château de son territoire natal de la Dombes et du cocon familial, le travail de Marceau Coiffard est entré en résonance avec un lieu à la fois physique et mental, où paysage matériel et vécu collectif se rencontrent.
Le·a photographe a ainsi pu bénéficier grâce au généreux soutien du membre du jury Gilles Maignaud, directeur de l'atelier de sérigraphie Chalopin à Lyon, d'un stage d'initiation à cette pratique afin de poursuivre sa réflexion et son expérimentation artistiques.
Des réflexions sur la nature de la remise d'un prix du jury ont ensuite animé les organisateur·ices d'Aragne, qui ont décidé collectivement et sur conseils des participant·es de cette première édition de désormais valoriser la rencontre entre artistes plutôt que leur mise en concurrence au sein du festival.