Exposition Tabula Rasa
Vue de l'exposition.
L'association L'Âtre a eu la chance de pouvoir poursuivre son action de valorisation des artistes émergent·es de la région AURA au sein de l'espace d'exposition privé du cabinet d'architectes TABULA RASA, situé au 6 rue Émile Zola dans le 2e arrondissement de Lyon.
Cette exposition s'est tenue du 8 janvier 2026 au 19 février 2026 à raison d'une ouverture tous les jeudis ainsi qu'à la demande, et a réuni 4 des artistes émergent·es présenté·es lors du festival Aragne 2026 : Marceau Coiffard, lauréat·e du prix du jury d'Aragne 2025, Léanne Jullian, Lamathrak et Alix Lefebvre.
Ce choix résulte de la qualité de l'œuvre de ces artistes, d'affinités sociales et des conditions matérielles du lieu, qui privilégie l'accrochage mural.
Artistes
Marceau Coiffard
Artiste photographe et visuel·le, Marceau Coiffard développe une pratique interdisciplinaire mêlant photographie, art, objet et exploration matérielle. Ses recherches actuelles se concentrent sur la perte de la mémoire, de l'identité et du territoire, s'articulant autour de la matérialité et de la poétique du médium photographique, l'éloignant souvent de la simple référence au réel.
Les photographies qu'iel réalise sur le terrain, souvent imprégnées d'une réflexion sur la mémoire et sur le territoire, sont transformées par des manipulations matérielles : froissage, pliage, gravure ou brûlure. Ces altérations permettent de transcender le sujet initial pour créer des œuvres qui interrogent la notion de trace ou d'impermanence.
Marceau Coiffard (de gauche à droite et de haut en bas) :
Dans le salon, 2024, perçage sur photo, papier baryta, 21,59 x 27,94cm.
Dernières lueurs, 2024, perçage sur photo, papier baryta, 21,59 x 27,94cm.
La chaussure, 2024, perçage sur photo, papier baryta, 21,59 x 27,94cm.
Les marguerites, 2024, perçage sur photo, papier baryta, 15,24 x 25,4cm. © Emmy
Marceau Coiffard, La chambre, 2023, perçage sur photo, papier baryta, 43,18 x 55,88cm. © Emmy
Léanne Jullian
Diplômée d'un DNA des Beaux-Arts avec mention pour la cohérence de mon travail pictural et théorique, j'explore l'identité féminine et l'expérience du corps, à la fois émotionnelle et sociale.
Je peins des femmes par la mémoire, que j'imagine comme des personnages à part entière, en jouant avec les codes associés à la féminité, tels que les ornements, la posture, et des détails pour construire des récits sensibles.
Léanne Jullian, Dessin, 2025. © Emmy
Léanne Jullian, Princesse, 2025, huile sur toile, tissus, 140 x 90cm. © Emmy
Lamathrak
Lamathrak détourne des figures issues de l'histoire de la peinture afin d'interroger les représentations du corps et de l'identité. Par le collage, l'ajout de textes découpés et surtout les tatouages dessinés, elle transforme des images héritées en espace de résistance.
Le tatouage devient une arme de réappropriation du corps : il marque, affirme et redonne un pouvoir à des figures longtemps figées, idéalisées ou silencieuses. Ces corps tatoués cessent d'être des objets de regard pour devenir des corps actifs, porteurs de récits contemporains.
Le travail de Lamathrak s'inscrit dans une démarche féministe qui questionne les normes visuelles, les rapports de domination et la possibilité de reprendre possession de son image.
Lamathrak, La poésie de la Mer, série « Peaux d'histoire », 2024, collage, stylo bic, marqueur, 40,2 x 30,4cm. © Emmy
Lamathrak, La maîtrise du temps, série « Peaux d'histoire », 2024, collage, stylo bic, crayon de couleur, 43 x 53cm. © Emmy
Alix Lefebvre
Engagée dans le questionnement de la représentation du corps féminin, Alix Lefebvre se réapproprie des photographies dont elle n'est pas la cible principale.
Au-delà de la simple réutilisation de ces images, elle considère cette réappropriation comme un acte de résistance et de résilience contre les normes transmises par cette industrie.
À travers le dessin, le tufting et d'autres techniques, elle cherche à ouvrir un dialogue sur la représentation de la sexualité et à participer à la création d'une nouvelle imagerie pornographique.
Alix Lefebvre (de gauche à droite et de haut en bas) :
doigté (jaune), 2025, tufting, laines et fils acryliques sur toile de jute, 270 x 390cm.
doigté (bleu), 2022, tufting, laines mohair et fils acryliques sur toile de jute, 75 x 45cm.
Great trans-american nude, 2025, tufting, laines et fils acryliques sur toile de jute, 155 x 95cm.
Gagged (petit gris), 2022, tufting, laines et fils acryliques sur toile de jute, 40 x 35cm.
fellation (rose), 2021, punchneedle, laine sur canevas, 50 x 50cm.
Grand baiser (vert), 2025, tufting, laines, mohair, lin, coton et fils acryliques sur toile de jute, 135 x 90cm.
indecise, 2023, tufting, laines, fils acryliques, mohair sur toile de jute, 80 x 80cm.
Tomato Ass, 2023, tufting, laines, mohair, lin, coton et fils acryliques sur toile de jute, 90 x 85cm. © Emmy
Évènements (soirée projection, atelier mapping, initiation à la linogravure)
Afin de rendre l'exposition vivante et dans le but de stimuler les rencontres et la discussion, L'Âtre a organisé plusieurs événements pendant son exposition à TABULA RASA : un atelier d'initiation à la linogravure présent à chacune des ouvertures, une soirée d'initiation au mapping animée par 3 étudiants de la section vidéo du Grim, et une projection de courts-métrages d'artistes émergent·es.
Parmi ell·eux, Lou Belliard et Elisa Mabboux ont présenté leur production Studio Bis, réalisée dans le cadre du Nikon Festival 2026, tout comme Emilie-Jade Laguillez-Jankovsky qui a réalisé L'Abîmée à cette même occasion.
Nous avons aussi eu le plaisir de recevoir Théo Boutroy, compositeur, qui nous a présenté son clip Espace Disponible. Enfin, l'artiste musical Stéphane Ragon, alias Stjepan, clôtura la soirée avec une projection de son clip 21o.
Nous remercions chaleureusement chacun·e des artistes, technicien·nes et membres du public qui ont rendu cette expérience possible, ainsi que le cabinet TABULA RASA pour la liberté d'action dont ils nous ont fait bénéficier.